L’anniversaire d’une mort et d’une renaissance…

Aujourd’hui est un jour particulier, il y a 11 ans mon père a mis fin à ses jours.

Ce 12 septembre est donc la date d’anniversaire d’une mort, mais aussi d’une renaissance…

 

J’expose très peu ma vie personnelle, mes troubles, mes peines, ou même mes joies ou mes réussites . Par pudeur, par crainte de déranger, d’être moquée, jugée, rejetée, et tout simplement de ne pas être aimée… Mais je me suis progressivement rendue compte que c’était un tort. Tout d’abord pour mon propre bien-être, car le fait de me livrer, de pouvoir être entendue, comprise, reconnue dans ma douleur, ou tout simplement pour ce que je suis, me permettait de me « libérer », et même de mieux me comprendre, me connaître et m’accepter… Et puis également pour ceux qui entendent cette douleur, s’y retrouvent, et la sentent peut-être alors s’estomper (même un peu) à travers ma propre histoire et le fait de se sentir compris à leur tour… Et à l’inverse les réussites, transformations positives, peuvent tout autant inspirer et permettre de garder espoir… De réaliser que tout est possible. Que même à travers les épreuves les plus difficiles la lumière finit par réapparaître.

Le suicide de mon père a été un électrochoc, et peut-être même l’étincelle qui m’a sauvée, m’a aidée à aimer la vie, à me connaître, m’a appris à me rendre heureuse, et surtout à m’aimer réellement… Dans la seconde qui a suivi l’annonce de son décès, je me suis fait la promesse d’être doublement heureuse, comme pour « réparer » sa carence énorme de bonheur et d’amour. J’ai aussi eu instinctivement, comme un besoin impérieux, presque de survie, d’exprimer mon amour à toutes les personnes que j’aimais…

J’ai entrepris un long travail sur moi-même, de nettoyage, de libération. J’ai enlevé des couches et des couches d’armures, de blessures, de douleurs, de croyances, de schémas… J’ai appris à prendre soin de mon esprit, de mon corps et de mon cœur. Je me suis libérée de tout ce qui n’était pas moi pour enfin découvrir celle que je suis, ce qui me rend heureuse, me fait vibrer, me fait me sentir vivante… Et croyez-moi, le travail était monumental (et perdurera probablement jusqu’à la fin de cette vie!)… Mais il en valait tellement la peine !… Si je devais le revivre je le revivrais mille fois… pour tout ce que ça m’a apporté, de bonheur, d’amour, de liberté, d’apprentissages, de découvertes.

J’ai eu au fil du temps de nombreuses prises de conscience. La première, et non des moindres, puisque c’est celle qui m’a aidée à continuer à avancer et m’a donc « sauvée », c’est qu’il n’y a QUE le moment présent qui compte, qui existe et doit être pleinement vécu. Ceci peut paraître un peu simpliste, mais j’en ai progressivement compris les raisons… Avant toute chose, évidemment parce qu’on ne refait pas le passé et qu’on ne sait pas de quoi l’instant suivant sera fait… La vie peut basculer en une fraction de seconde…. Alors j’ai pleinement, entièrement et intensément vécu chaque seconde de ma vie. J’ai alors (re)découvert la beauté et ressenti des émotions intenses à travers les choses simples de la vie que je ne voyais plus : un coucher de soleil, une fleur, un oiseau, un sourire, la musique, un moment partagé… Jusqu’à parfois en pleurer de bonheur ! Je me suis alors rendue compte que le présent contenait TOUT. Il me permettait de goûter à un bonheur intense et pourtant d’une extrême simplicité… Pourquoi ? Car il m’aidait à apaiser mon mental, sa tristesse, sa détresse parfois, ses douleurs, ses remords, ses peurs de l’avenir… Et parce qu’à travers le silence du mental, j’ai alors pu me reconnecter à quelque chose de beaucoup plus subtil mais de bien plus profond, authentique et vrai. Mon cœur et ses aspirations profondes, et peut-être à travers lui, mon âme… ce que je suis, ce qui m’anime. Les difficultés de la vie sont alors devenues de plus en plus légères, futiles, voire inexistantes, là où je ne voyais auparavant que de la douleur… Petit à petit j’ai vu la vie sous un autre angle, beaucoup plus large, beaucoup plus « haut ».

J’ai aujourd’hui l’intime conviction que nous sommes bien plus qu’un corps guidé par un cerveau qui produit des pensées… Je pense sincèrement que nous sommes une âme voyageant à travers un corps pour expérimenter une (ou plusieurs) vie sur Terre, et que cette âme (ou cette conscience, les mots n’ont pas réellement d’importance…) ne meurt jamais. Aussi loin que je me souvienne, je l’ai toujours ressenti comme une évidence, mais le départ de mon père, puis de ma grand mère un an après, et toutes les expériences que j’ai pu vivre à la suite de ces événements, n’ont fait que me conforter dans cette idée. Cette vision plus large, moins « terre à terre » de la vie, m’a permis de traverser ces différentes épreuves, et bien d’autres ensuite, avec beaucoup plus de douceur et de légèreté. Peu importe que ce soit vrai ou non finalement, puisqu’elle m’a aidée à avancer…

Je vis à présent ma vie en suivant mon cœur, et par conséquent « l’amour ». Car je crois, pour l’avoir expérimenté de nombreuses fois, que c’est réellement l’amour qui guérit tout et nous guide. J’entends par amour ce qui fait vibrer notre cœur, ce qui est peut-être la nourriture ou le langage de notre âme. Et finalement, cet amour est présent en tout… la nature, l’art, les relations, et surtout en NOUS-MÊMES, et… à travers le moment présent !

J’ai compris les raisons qui ont poussé mon père a mettre fin à ses jours. Je pense qu’il ne se permettait pas d’être lui-même, que de nombreuses blessures intérieures et profondes l’empêchaient d’accéder à l’amour, que ce soit en lui ou autour de lui. Il était coupé de lui-même, de son cœur, de son âme, et n’était plus guidé que par son ego, ses blessures et ses peurs. Je ne porte pas de jugements sur le suicide, je sais qu’il est parfois trop difficile ou impossible de trouver la force de continuer à vivre… Mais je pense qu’il est possible et surtout important d’agir en amont. Qu’il faut libérer la parole et ne plus avoir honte d’exprimer sa douleur, ses faiblesses. Qu’il faut accepter d’être soi-même, apprendre à s’aimer, révéler notre vraie nature. Que la meilleure prévention est très certainement de permettre aux enfants de grandir en étant connectés à leur cœur et de suivre ses aspirations, et que pour les accompagner de la meilleure façon sur ce chemin, nous devrions peut-être tout simplement leur montrer l’exemple…

Je suis réellement convaincue que les nombreux dysfonctionnements et déséquilibres que nous vivons actuellement en ce monde sont dus à un pouvoir trop important donné à l’ego, au détriment du cœur…

Ces quelques lignes ne parleront probablement pas à tout le monde, et déplairont peut-être même à certains. Je ne prétends pas détenir la vérité. C’est ma vérité, et c’est surtout celle qui m’a sauvée et me permet d’être heureuse aujourd’hui. Et si elle peut faire écho et avoir un effet similaire sur un nombre même infime de personnes, alors j’aurai tout gagné ! C’est en tout cas aujourd’hui ce qui m’anime, ce que je souhaite partager, transmettre, à travers mon métier, et ces quelques mots…

 

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